2021

FR/


After-image #1 avec Caroline Reveillaud (actrice) et Camille Miraillet (voix off).
Oeuvre produite avec le soutien la Cité Internationale des Arts et exposée dans le cadre de l’exposition For Eyes commissariée par Simona Dvorak en 2021 à La petite Galerie.
Extrait de texte : Simona Dvorak


L'exposition personnelle For Eyes de Tania Gheerbrant a été commissariée par Simona Dvorak au printemps 2021 à la Petite Galerie de La Cité Internationale des Arts. L'exposition présente une partie des oeuvres réalisées par l'artiste pendant son temps de résidence, notamment la première partie du dyptique vidéo After-images. Dans ce diptyque l'artiste filme des performeu.r.se.s qui mettent en récit des analyses théoriques et historiques sur la fabrication des images en mouvement et leurs ancrages politiques. Projetées sur un écran en gélatine suspendu au plafond, les images deviennent alors translucides. Le dispositif accentue ainsi l'atmosphère de science-fiction qui se dégage de la vidéo. Dans ce travail l'artiste s'appuie sur des recherches documentaires et les présentes comme des archéologie ou des reconstitutions d'expériences et des découvertes réalisées aux XVIIIe et XIXe siècles. Sont ainsi convoquées les figures de Jan Purkyně, anatomiste tchèque découvreur des "images consécutives" ou encore de Etienne-Gaspard Robertson qui, au moment de la Révolution française, projetait des images sur de la fumée à l'aide du "fantascope". Gheerbrant revisite ainsi l’histoire non-proférée de la vision et de la mémoire des images, comme autant de " petits contes de fées obscures sur la vision à l'ère capitaliste".


EN/



After-image #1 with Caroline Reveillaud (actress) and Camille Miraillet (voice-over).
Work produced with the support of the Cité Internationale des Arts and exhibited as part of the exhibition For Eyes curated by Simona Dvorak in 2021 at La petite Galerie.
Text excerpt: Simona Dvorak


Tania Gheerbrant's solo exhibition For Eyes has been curated by Simona Dvorak in the spring of 2021 at La Petite Galerie of La Cité Internationale des Arts. The exhibition presents some of the works created by the artist during her residency at the Cité Des Arts, including the first part of the video dyptic After-images. In this diptych, the artist films performers who narrate theoretical and historical analyses on the making of moving images and their political anchors. Projected on a gelatin screen suspended from the ceiling, the images become translucent. The device thus accentuates the science-fiction atmosphere that emerges from the video. In this work, the artist relies on documentary research and presents it as archaeology or reenactment of experiments and discoveries made in the 18th and 19th centuries. The figures of Jan Purkyně, a Czech anatomist who discovered "after-images" or Etienne-Gaspard Robertson who, at the time of the French Revolution, projected images onto smoke using the "phantascope" are thus summoned. Gheerbrant thus revisits the non-professed history of the vision and memory of images, as some "little dark fairy tales about vision in the capitalist era".






Exhibition view, For Eyes. Cur. Simona Dvorak / solo show 2021 / Cité Internationale des Art / Petite Galerie / FR, After-image #1, Tania Gheerbrant, 2021, video installation HD color with sound, 6’ in loop projected on screen, gelatin, diffuser filter, aluminium flat bars, screws and bolts, cables.





Exhibition view, For Eyes. Cur. Simona Dvorak / solo show 2021 / Cité Internationale des Art / Petite Galerie / FR ; After-image #1, Tania Gheerbrant, 2021, video installation HD color with sound, 6’ in loop projected on screen, gelatin, diffuser filter, aluminium flat bars, screws and bolts, cables.

  


After-image #1, Tania Gheerbrant, 2021, video HD color, 6', with Caroline Reveillaud (actress) and Camille Miraillet (voice-over).





Window of la Petites Galerie, Tania Gheerbrant, For Eyes. Cur. Simona Dvorak / solo show 2021 / Cité Internationale des Art / wool felt, glass lenses, screws and bolts. 


After-images #1 : The Eyes (2021). Le personnage du premier film raconte son rêve sur Jan Evangelista Purkyně. Cet anatomiste tchèque de la fin du XIXe siècle, pionnier de l’étude de nos perceptions visuelles, invente le kinésiscope, une technologie basée sur le mouvement circulaire des images autour d’un axe, précurseuse du cinéma en ce qu’elle se fonde sur « l’image consécutive » ou persistance rétinienne. Le scientifique,  réfléchissant à voix haute sur les concepts d’apparition et de vision,  est figuré comme un être androgyne dans l’esthétique stéréotypée de l’imagerie zombie.
L’étude de la perception de l’image en mouvement et de ce qui reste après, conduit le regard de Gheerbrant vers l’interrogation de la construction cinématographique et fictionnelle en elle-même. L’artiste fait coexister à travers de son diptyque filmique, les différentes temporalités un « bouclier ludique » permettant aux protagonistes de naviguer à travers ces natures mi-mortes, ces histoires plurielles pour le plaisir d’en extraire de nouvelles. Avec une approche profondément ambivalente, Gheerbrant revisite l’histoire non-proférée de la vision avec ses sédiments « linéaires ». Les deux films sont donc comme un espace à mi-chemin, une zone de transit générique.
Deux lentilles intégrées dans le feutre clair recouvre les fenêtres de la Petite Galerie, et fonctionne comme un filtre naturel liant l’espace intérieur et extérieur. Tandis que dans la Larme (2020), une lentille dévoile une image fixe, intégrée dans un demi soleil doré et installé sur l’autre côté de la pièce. Elle représente le schéma de formation d’une larme, le caractère encyclopédique de l’image y est manifeste. Elle prolonge la recherche de l’artiste sur la manière dont nos savoirs, notamment en biologie, façonnent nos perceptions physiques du monde.
Posé par terre, un journal est co-écrit par l’artiste et la commissaire. Le texte se compose de phrases éclatées, découpées et rassemblées de manière intuitive, comme des morceaux d’idées non standardisées et non hiérarchisées. Une sorte d’art brut conceptuel – de poésie narrative hallucinatoire – qui, par les collages de sens, ouvre les espaces interprétatifs.




Exhibition view, For Eyes. Cur. Simona Dvorak / solo show 2021 / Cité Internationale des Art / Petite Galerie / FR ; After-image #1, Tania Gheerbrant, 2021, video installation HD color with sound, 6’ in loop projected on screen, gelatin, diffuser filter, aluminium flat bars, screws and bolts, cables.




Detail : Window of la Petites Galerie (inside), Tania Gheerbrant, 2021, wool felt, glass lenses. screws and bolt. 

 


After-image #1, Tania Gheerbrant, 2021, video HD color, 6', with Caroline Reveillaud (actress) and Camille Miraillet (voice-over).




After-image #1, Tania Gheerbrant, 2021, video HD color, 6', with Caroline Reveillaud (actress) and Camille Miraillet (voice-over).





fanzine, For Eyes, co-written by Tania Gheerbrant and Simona Dvorak, produced with the support of the Cité Internationale des Arts and In.plano, graphic design: Tania Gheerbrant, 2021.


   





 
© Tania Gheerbrant_2021