Five Loops and a twist,

DNSAP degree

show, 2017

 

 

 

 

 

 

five loops and a twist vue generale tania gheerbrant photo adrien thibault beaux arts de paris

Le projet Five Loops and a twist est une exposition qui s’articule autour de trois performances et de cinq œuvres activées de diverses manières. Plus qu’une anthologie, l’ensemble forme une balade autour de la figure de la boucle et de la répétition.

Cette figure, à la fois tragique et comique, d’un temps circulaire, se décline autour de plusieurs axes, plusieurs récits. Les indices sont volontairement disséminés. On saute d’une histoire à une autre, tout agit alors par collage et contamination.

La première histoire revisite le mythe de Thésée et Dédale et leurs pérégrinations dans le labyrinthe de Cnossos. On y découvrira la différence essentielle cachée au cœur des homonymiques « boucle d’erre » et « boucle d’ air ».

La deuxième fiction s’appuie sur les recherches peu connues de Jacques Lacan autour de l’anneau de Moëbius. La performance déplie ainsi les recherches du psychanalyste autour de la modélisation géométrique des mécanismes liant le signifiant et le signifié dans le champ du langage et de l’inconscient. Toutes les performances s’activent en boucle sur la durée de l’exposition.

Les modalités temporelles généralement associées à la performance sont ici déplacées. Il n’y a ni début ni fin, c’est au spectateur de composer son parcours. Par son déplacement entre les différentes performances et vidéos, il crée ainsi son réseau, voire son montage. Le jeu entre architecture et mise en scène, technologie et oralité, fiction et recherches documentaires, espoir et résignation, sont autant d’éléments qui constituent ce projet.

five loops and a twist tania gheerbrant performeuse paola renard beaux arts de paris photo adrien thibault beaux arts de paris

L'une des performeuses est assise sur un banc-sculpture nommé RSI Bench, hommage et emprunt au schéma de Lacan appelé RSI et symbolisant pour le psychanalyste l’imbrication du réel, du symbolique et de l’imaginaire chez tout sujet. La performeuse lit un texte qui défile sous une animation représentant les torsions d’un anneau de Moëbius.

Deux éléments architecturaux sont mis en place dans l’installation : une colonne et une ouverture rectangulaire dans une cimaise. Ces deux éléments viennent souligner le rapport actif du spectateur dans l’exposition. Ainsi il doit déambuler autour de la colonne pour lire le texte inscrit dessus et doit passer sous l’arche pour découvrir les backstages de l’exposition, qui font bien partie de celle-ci.

five loops and a twist vue generale tania gheerbrant photo adrien thibault beaux arts de paris 1

La vidéo-projection, visible dans la première salle, est reliée en temps réel à une caméra Gopro qui envoie les images qu’elle capture d’un caisson lumineux sur lequel sont disposées les images d’ archives servant de support à la première histoire. La Gopro se balance, faisant ainsi défiler les images d’archives, c’ est le mouvement perpétuel et en temps réel de la captation qui crée un film en « live ».

five loops and a twist vue generale tania gheerbrant performeuse laure mathieu photo adrien thibault beaux arts de paris
five loops and a twist vue generale tania gheerbrant performeuse mahalia kohnke jehl photo adrien thibault beaux arts de paris

Dans la deuxième salle, visible grâce à l’ouverture effectuée dans la cimaise qui vient re-cadrer la scène, une performeuse est assise à côté d’un projecteur Super 8.

Elle a pour mission de rembobiner la pellicule quand le film est fini puis de le re-projeter. Le film Super 8 dure environ 5 minutes, il a été tourné à Los Angeles et représente une usine de recyclage de papier et d’emballage.

La performeuse est tout à la fois projectionniste, spectatrice et cartel de l’œuvre. Elle porte en effet en guise de vêtement une combinaison blanche portant la seule mention textuelle de l’œuvre.

five loops and a twist the big loop tania gheerbrant et victor prokhorov beaux arts de paris

The Big Loop est un projet de vinyle-sculpture co-réalisé avec Victor Prokhorov. Un vinyle est agrandi d’ une trentaine de centimètres, toujours lisible le dispositif renvoie dès lors à la sculpture autant qu’ à une archéologie des techniques d’enregistrement. Le son gravé est un son de 1,8 seconde en sillon fermé, ce qui lui permet d’ être lu en boucle indéfiniment.

Camille Pauhlan :

 

Décidément, Tania Gheerbrant ne cesse d’éprouver – délicatement – les spectateurs. Il y a deux ans, pour Blue Agency, elle leur avait imposé une séance d’hypnose fictive où ils devaient garder les yeux fermés pendant tout le déroulé de l’action. En 2017, pour son diplôme Five loops and a twist, tout semble se passer comme si leur présence n’était pas nécessaire : les performances ont déjà commencé lorsqu’ils entrent dans la pièce, et se répéteront encore et encore, même après leur départ. L’ensemble des propositions que Tania Gheerbrant met en place évoque l’idée d’une boucle, qu’elle soit celle du ruban de Möebius, de la pellicule d’un film super 8 qu’une jeune femme en combinaison blanche rembobine régulièrement, ou encore du disque vinyle en circuit fermé qui n’émet qu’un bruit léger de friction. Tout ne se donne pas immédiatement, il faut arpenter les espaces, parfois se baisser, tourner autour d’une colonne pour lire les poèmes qui y sont écrits, aller et venir pour entendre les textes de deux performeuses : un langage codé à déchiffrer se dévoile par fragments.

Détails des pièces :

 

- Vue générale de Five loops and a twist, premier plan : Performeuse - Paola Renard, second plan : Performeuse – Mahalia Köhnke-Jehl, photo :  Adrien Thibault

 

- Five Loops and a twist, part 1 : Mob’réçit, 2017, contreplaqué, miroir/alluminium, métal, tablette, vidéo 2” en boucle, performeuse : Paola Renard, dimension et durée variable, photo :  Adrien Thibault

 

- Five Loops and a twist, part 2 : erre vs air, 2017, caisson lumineux, gopro, bois, peinture, néons, impressions sur rhodoïds, vidéoprojecteur, performeuse : Laure Mathieu, dimension et durée variable, photo : Adrien Thibault

 

- Five Loops and a twist, part 3 : When a mountain becomes cubes, 2017, film et projecteur super 8, combinaison sérigraphiée,  performeuse : Mahalia Kohnke-Jehl,  dimension et durée variable, photo :  Adrien Thibault

 

 

- The Big Loop, 2017, co-réalisé avec Victor Prokhorov, résine polyester, lecteur vinyle, enceintes, 60 × 60 cm